Interview de Claude Bas 1/3

Interview de Claude Bas 1/3

Claude BAS, vous êtes connu dans la profession immobilière comme le « Edouard Leclerc » de l’immobilier. Après treize années passées à la direction du réseau 4% immobilier, vous semblez maintenant laisser la main et vous investir dans une nouvelle aventure avec votre groupe C&C BAS

C.B : C’est vrai, treize ans avec 4% immobilier, et la direction de 10 enseignes diverses, c’est long et très court à la fois. Depuis quelque temps, je souhaitais m’investir différemment sans pour autant quitter le navire, c’est désormais chose faite.

Une nouvelle vie va commencer, je dirige aujourd’hui plusieurs sociétés dans des domaines divers et variés, mais je reste très accroché à un sujet complexe, celui des transactions entre vendeur et acquéreur, qui depuis plus de quarante ans mine l’ensemble des professions immobilières.

Dans ce domaine quelles solutions ont été tentées par les professionnels rassemblés ?

C.B : Beaucoup de solutions ont été tentées, mais avec des non dits. Certes, le professionnalisme est essentiel pour combattre pied à pied nos seuls et uniques concurrents, ceux qui vendent ou achètent entre vendeur et acquéreur.

Ces dernières années avec le SIA/MLS et maintenant l’AMEPI, une partie de la profession avec l’aide des syndicats et de certains réseaux ont réussi à mettre sur pied un réseau de mandats « exclusifs simples » pensant ainsi contre carrer les ventes entre particuliers. Il s’agit, à mon sens, de mesures protectionnistes et les résultats ne sont d’ailleurs pas au rendez-vous. Pour les professionnels de l’immobilier, ces propositions induisent un investissement non négligeable. Mais c’est tout de même formidable et surtout mieux que rien.

De notre côté, nous avons, avec des commissions réduites fait revenir une faible partie de ces ventes perdues.

Mais ces deux combats sont d’arrière-garde et ne servent qu’à se concurrencer entre professionnels.

Globalement tous nous avons raison, ne rien faire serait plus grave

Avez-vous dans ce domaine de réelles solutions à proposer ?

C.B : Oui, pas des moindres et pourtant !!

Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?

C.B : Au travers d’un exemple simple et d’une comparaison du passé, les professionnels de l’automobile il y a 25 ans ont réussi à réguler les problèmes catastrophiques qui semblaient bien différents des nôtres et qui se sont avérés finalement être de même nature : le manque de confiance des consommateurs en la profession.

Qu’on fait les professionnels de l’automobile ? Ils se sont parlés, sans président de ceci ou de cela, ils ont communiqué, se sont soutenus et ont proposé des discours communs dont l’objectif était de valoriser la profession et d’informer le public sur la nature de leur métier.

Assurément, encore aujourd’hui, il y a ça et là des contre-exemples, et il y en aura toujours, mais faites le tour des concessions et vous noterez l’équilibre qui y règne en terme de produit, d’image et de clientélisme.

Alors dans le métier d’agent immobilier y a-t-il une solution possible ?

C.B : Oui, nous devons tous, agents immobiliers, professionnels de ce métier nous unir simplement autour d’un seul thème, combattre nos seuls concurrents : les transactions immobilières directes entre acquéreur et vendeur.

Nous unir, sans structure associative, sans créer de nouveau syndicat et sans un prince représentatif. Nous avons uniquement besoin d’ un fédérateur volontaire et structuré disposant des idées, des hommes et proposant des choses simples. Pas la peine de réinventer la roue, elle existe déjà.

Autour de son secteur, chaque agent immobilier doit devenir ce représentant en dénonçant les risques que représentent les ventes entre particuliers.

C’est dans une action commune, menée par des gens lucides, avocats, graphistes, juristes, imprimeurs, rédacteurs, formateurs, communicants… que nous souhaitons réunir dans l’action le plus grand nombre d’agents immobiliers sur les 28.000 que compte notre pays.