Cela n’arrive pas qu’aux autres

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La multiplication des portails internet dédiés à la transaction immobilière directe entre vendeurs et acquéreurs pousse beaucoup de vendeurs à vouloir mener seuls la vente de leur bien immobilier. L’idée est, dans la plupart des cas, d’économiser les commissions d’agence.
Pour autant, nous oublions souvent qu’en prenant la décision de faire l’économie de ces honoraires, nous prenons sur nous la charge de travail d’un professionnel sans en avoir les compétences.

L’histoire qui suit illustre les difficultés auxquelles se confrontent chaque jour ces aventuriers de l’immobilier qui décident d’assurer seuls la vente de leur bien.

Un couple veut déménager et décide de vendre la maison qu’ils habitent. Estimée par une agence immobilière à 150.000 €, le couple décide ne pas lui donner de mandat afin d’économiser les 6% de commissions demandées soit 9.000 € et met la maison en vente au prix de 159.000€.
L’annonce est rapidement visible sur plusieurs portails sur internet et le téléphone commence à sonner.
Après un mois et demi, des dizaines d’appels et une trentaine de visites, un acquéreur fait une proposition à 153.000 €. Épuisé par les sollicitations, le couple accepte cette offre pensant, malgré tout, avoir gagné 3.000 € de plus que s’il était passé par l’agent immobilier.

Rendez-vous est pris pour signer un compromis de vente avec le notaire du vendeur et le notaire de l’acquéreur.

Dans ce compromis, il est stipulé que cette maison est reliée au tout-à-l’égout. Le notaire n’a aucune raison de ne pas y croire, l’acquéreur non plus. Quelques temps et un incident de plomberie plus tard, l’acquéreur découvre qu’à défaut de tout-à-l’égout, la maison dispose d’une fosse septique et décide d’assigner le vendeur en justice.

Deux années s’écoulent avant la décision du tribunal qui condamne le vendeur à 13.500 € de dommages et intérêts. Outre les soucis et le temps de la procédure, le bilan financier est déplorable : le vendeur a certes encaissé 153.000 €, mais il a dépensé 3.000 € en frais d’avocat, puis 13.500 € de dommages et intérêts. Au final, il a effectivement vendu sa maison 136.500 €, c’est-à-dire 13.500€ de moins que s’il avait signé un mandat avec l’agent immobilier qui lui aurait de plus évité tous ces désagréments.